Instruments de mesure de la consommation de chauffage

Les instruments de mesure permettant de répartir les frais relatifs à une installation collective de chauffage entre les occupants d’un immeuble sont :

Les répartiteurs (calorimètres) à évaporation

Les unités des répartiteurs :
Les unités présentes sur les répartiteurs n’expriment pas une consommation réelle en m³ de gaz ou en litres de mazout. Les répartiteurs n’indiquent donc jamais la quantité d’énergie réellement consommée par le radiateur et plus largement le logement.

Dans un même immeuble, tous les logements doivent obligatoirement être équipés de répartiteurs de même modèle afin d’éviter de trop grandes variations dans l’enregistrement des consommations des différents logements.

Définition

Les répartiteurs (ou calorimètres) à évaporation sont des appareils fixés (collés ou vissés) au corps de chauffe du radiateur, en principe au ¾ de la hauteur et à la moitié de la largeur. Ils sont composés d’un corps métallique contenant un tube en verre rempli d’un liquide caloporteur de couleur, lui-même recouvert d’un boitier en plastique, d’une échelle graduée et d’un plot de scellement.

Le liquide coloré s’évapore proportionnellement à la chaleur émise par le radiateur et non, si ce n’est de façon marginale, par rapport à la température ambiante dans la pièce. La graduation, gravée sur le boitier en plastique qui recouvre le tube, permet de lire les unités d’évaporation. Tous les ans, un technicien relève la quantité de produit qui s’est évaporée au cours de l’année et place un nouveau tube pour l’année à venir (liquide d’une autre couleur pour attester le remplacement).

1. Répartiteurs monotubes (les plus fréquents)

Presentation PowerPointLes répartiteurs à évaporation les plus anciens ne présentent qu’un seul tube contenant du liquide coloré. Ces appareils monotubes présentent un inconvénient majeur en ce qui concerne la vérification et la contestation des relevés. En effet, lors du relevé,le technicien remplace l’ensemble des ampoules. Par la suite, l’occupant ne pourra plus vérifier si les données recueillies étaient correctes et, s’il souhaite les contester, il ne dispose plus de preuve tangible pour étayer son opposition.

Comme expliqué ici, il est donc conseillé d’être extrêmement vigilant au moment du relevé pour qu’une procédure de contestation soit possible.

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2. Répartiteurs bitubes (moins fréquents mais de plus en plus placés)

Presentation PowerPointLes répartiteurs à évaporation plus récents présentent deux tubes. Lors du relevé, le technicien scelle le tube de l’année écoulée et le laisse dans le boîtier sous un cache. Parallèlement, il place un nouveau tube contenant un liquide de couleur différente pour l’année en cours.

Ce système permet donc de garder une trace utile à la vérification en cas de contestation, si celle-ci a lieu dans l’année qui suit le relevé contesté.

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Evaporation naturelle minimale :
Tous les répartiteurs à évaporation subissent une évaporation naturelle minimale indépendamment de l’utilisation du chauffage. Ce phénomène se produit de la même manière pour tous les répartiteurs de l’immeuble et n’a donc aucun impact sur la répartition des frais de chauffage.

Certains facteurs extérieurs peuvent accélérer l’évaporation. Même si cet impact est généralement marginal, soyez attentifs si :

– le répartiteur se trouve dans un espace confiné (meuble placé devant le radiateur, cache-radiateur)
– le répartiteur est exposé directement aux rayons du soleil
– un autre système de chauffage fonctionne dans la pièce (ex. feu ouvert, cassette, radiateurs d’appoint, etc.).d’autres appareils émettent de la chaleur dans la pièce (ex. four, séchoir, etc.)

Eventuelles défaillances techniques

Les répartiteurs à évaporation, ne contenant pas de pièces électroniques, ne peuvent pas tomber en panne. Ils sont inviolables et posent très rarement des problèmes techniques.

  • Usure : Il est possible que les caches en plastique des répartiteurs soient en mauvais état et rendent difficile la lecture des graduations.
  • Endommagement :Un répartiteur peut être arraché ou brisé par accident. Dans ce cas, il faut le signaler au plus tôt à la société de relevé. La non-communication de l’endommagement risque d’être considérée comme une fraude. La personne peut se voir facturer :

– Un forfait maximum
– Une moyenne de consommation estimée pour la pièce en question
– Le même nombre d’unités que l’année précédente

Fraude
Les répartiteurs font parfois l’objet de manipulations frauduleuses, telles que détacher ou briser le tube, ôter ou détacher le répartiteur ou le plomb, remplir le tube avec un produit…

Une autre technique utilisée consiste à recouvrir le répartiteur à évaporation (d’aluminium, de frigolite, d’un linge humide, etc.). Ce type de fraude n’avantagera pas le locataire. En effet, le confinement d’un répartiteur accélère l’évaporation du liquide (augmentation de 12% à 38% selon la technique utilisée).

Si la fraude est avérée, la société de relevé peut prendre en compte le nombre d’unités maximal après accord du gestionnaire d’immeuble.

Précisions sur la graduation

Les pratiques diffèrent en fonction des sociétés de relevés :

  • Soit la graduation des répartiteurs tient directement compte de l’échelle de chaque radiateur et diffère selon leur taille et leur puissance ; par exemple, de 15 à 20 pour un petit et de 100 à 120 pour un grand radiateur.
  • Soit la graduation des répartiteurs est standardisée et identique pour tous les radiateurs du logement, quelles que soient leur taille et leur puissance. C’est alors a posteriori que la société de relevé tient compte de l’échelle de chaque radiateur. En effet, le numéro de chaque répartiteur permet de préciser la puissance calorifique du radiateur qui lui est associé. La société de relevé effectue alors un calcul de proportionnalité en appliquant un coefficient prédéterminé. Attention, il s’agit d’être attentif car si le numéro du répartiteur est peu lisible ou s’il a été mal noté par le technicien lors du relevé, des erreurs sont possibles.

Les répartiteurs (calorimètres) électroniques

Définition

Repartiteur_electroLe répartiteur, ou calorimètre, électronique (ou digital) se présente sous la forme d’un boitier fixé au radiateur. Il est muni d’un cadran digital qui affiche des unités représentant la quantité proportionnelle de chaleur dégagée par le radiateur. Chaque société de relevé utilise un type d’instrument de mesure particulier présentant un affichage spécifique.

Concrètement le répartiteur électronique enregistre la différence entre la température ambiante de la pièce (chaleur extérieure) et la température du radiateur au point de contact (chaleur émise par l’eau présente dans le radiateur), proportionnellement à la puissance du radiateur.

Les répartiteurs électroniques sont changés tous les 10 ans (c’est la durée de vie de la batterie dont le remplacement coûte plus cher que le remplacement pur et simple du répartiteur).

Les répartiteurs électroniques peuvent être dotés ou non d’un émetteur radio.

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Pas d’impact de l’environnement sur les données
Les répartiteurs électroniques sont plus précis que les répartiteurs à évaporation. Les autres sources de chaleur (soleil, feu ouvert, four, séchoir, etc.) n’ont aucun impact sur les répartiteurs électroniques, ni sur le nombre enregistré d’unités consommées.

Mémoire de l’historique des unités :
Les répartiteurs électroniques enregistrent les unités de l’année à une date fixe. Ces unités sont utilisées pour établir le décompte de charges. Les répartiteurs électroniques gardent en mémoire pendant un an les données de l’année précédente.

Par ailleurs, les répartiteurs électroniques enregistrent les unités une fois par mois. Cet historique mensuel permet à l’occupant de mieux évaluer et maîtriser sa « consommation » d’énergie. Attention toutefois à ne pas confondre unités consommée et consommation réelle (les unités ne sont pas des KWh).

Eventuelles défaillances techniques

Il peut arriver qu’un répartiteur électronique tombe en panne. Si le locataire remarque la défaillance d’un répartiteur, il est vivement conseillé d’en avertir immédiatement la société de relevé afin d’éviter l’application d’un forfait lors du relevé suivant. Le répartiteur sera réparé ou remplacé. Cette procédure ne coûtera rien au locataire s’il l’a géré « en bon père de famille ».

Les intégrateurs (ou compteurs de chaleur)

L’intégrateur de chaleur, appelé plus communément « compteur de chaleur », est l’instrument de mesure le plus récent et le plus précis. Il s’agit d’un réel compteur, qui présente l’avantage de mesurer précisément la consommation personnelle des occupants de l’immeuble en kWh.

En pratique, l’intégrateur de chaleur est un compteur qui est installé sur les tuyaux du système de chauffage. Il mesure, toutes les 30 secondes, la différence de température entre l’entrée et la sortie du circuit d’eau du chauffage de chaque logement. Les chiffres sur le cadran de l’ intégrateur (digital) indiquent la consommation énergétique de l’ensemble des radiateurs d’un logement. Autrement dit, l’intégrateur de chaleur indique une consommation réelle.

Dans des conditions standardisées, 1 unité consommée correspond à 1 kWh livré. En réalité, il faut tenir compte des déperditions de chaleur dans l’immeuble. De ce fait, 1 unité consommée correspond à 2 kWh livrés.

Bien que les nouvelles dispositions PEB préconisent l’installation d’intégrateurs de chaleur, ceux-ci restent relativement rares car ils sont plus difficiles à installer. Ils requièrent :

  1. un bâtiment de structure récente qui permette ce genre d’installation (sur la tuyauterie). Comme il est complexe de réviser les installations de chauffages de logements plus anciens, l’intégrateur est davantage installé dans les nouvelles constructions.
  2. un système de chauffage en parfait état (tuyaux neufs ou entretenus) afin d’éviter un encrassement trop rapide du compteur. En général, afin de réduire ce risque d’encrassement et par conséquent de panne, des filtres sont placés dans la tuyauterie.
  3. un investissement de la part du propriétaire. De fait, l’intégrateur engendre des coûts supplémentaires puisqu’il est non seulement plus coûteux à l’achat, mais aussi plus difficile et onéreux à installer.

Avantages et inconvénients des différents instruments

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