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D’une facture anormalement élevée à la fermeture d’un logement

Mis à jour le : 11/06/2026

Une assistante sociale travaillant dans une association nous contacte. Un locataire a des difficultés à payer une facture d’électricité et celle-ci semble anormalement élevée pour une personne vivant seule. La travailleuse a déjà fait une analyse de la consommation et a récolté les informations sur le logement et ses équipements électriques. Ils sont très limités.

Nous proposons quelques tests à effectuer par l’occupant. Il les effectue rapidement. Une visite sur les lieux s’impose pour vérifier notre hypothèse d’un problème structurel.

Arrivés sur place, nous constatons directement que le logement est exigu et en mauvais état. Un loyer de 850€ par mois ne semble pas raisonnable.

Nous inspectons l’installation électrique.  Nous constatons rapidement que
le compteur électrique privatif alimente non seulement le logement occupé mais aussi les parties communes de l’immeuble ainsi qu’un autre espace aménagé dans la cave qui sert vraisemblablement de logement.
Tout porte à croire que ce logement aménagé dans la cave est occupé par des personnes particulièrement fragilisées, possiblement en situation de grande précarité.

Même si on nous a appelés pour analyser une surconsommation d’électricité, nous examinons plus en profondeur l’ensemble des installations du logement, y compris l’installation de gaz.

Nous constatons un convecteur au gaz non conforme, qui présente un gros risque d’intoxication au monoxyde de carbone.

Vu l’état des installations, nous faisons ensuite un test : à quelques minutes d’intervalle, la consommation a évolué sur le compteur de gaz alors que les appareils sont éteints. Nous sentons aussi une odeur dans la cave. Il est assez clair qu’il y a une fuite de gaz avec un risque d’explosion.

Ces deux éléments constituent un risque immédiat pour la santé et la vie des occupants.

Par ailleurs, les conditions générales du logement ne respectent pas les exigences minimales de salubrité : le logement manque cruellement d’apport de lumière naturelle et d’aération. Le volet sur la seule fenêtre du logement ayant une taille significative est cassé, en position fermée. Il est impossible de l’ouvrir et donc de ventiler suffisamment.

L’ensemble de ces constats laisse peu de doute quant à l’insalubrité du logement et renforce l’hypothèse de pratique de marchand de sommeil. (Nous vous parlions de l’infraction de marchand de sommeil dans cet article.)

Face à cette situation, une réaction rapide et coordonnée est mise en place avec l’assistance sociale et le CPAS.
Le CPAS interpelle les autorités communales pour lancer une procédure de fermeture du logement.

Parallèlement, SIBELGA est contacté pour sécuriser l’installation en coupant l’arrivée de gaz : le compteur de gaz est mis sous scellé.

Heureusement, le locataire a pu trouver une solution de relogement dans un délai relativement court, ce qui reste une exception.
Dans de nombreuses situations similaires, les occupants ne disposent d’aucune alternative immédiate et habiter dans un logement dangereux ou insalubre reste la meilleure solution à leurs yeux.

Soulignons que nous avons pu agir rapidement parce que toutes les personnes impliquées ont se sont coordonnées. Le locataire était très actif dans la recherche de solutions et l’assistante sociale a eu les bons réflexes préparatoires.
Cela a permis de poser un diagnostic précis, d’objectiver les risques et de mobiliser rapidement les leviers nécessaires à la protection de la personne.