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Une approche collective pour des questions d’énergie 

Mis à jour le : 19/03/2026

En complémentarité avec le travail social individuel, l’approche collective peut constituer un levier important pour faire valoir les droits des ménages et travailler avec eux sur des problématiques d’énergie et d’eau.  

Nous vous expliquons tout ça sur base d’un exemple récent.  

Le travail avec ce groupe 

Un travailleur social accompagnait un groupe de locataires d’une même société de logement social (SISP). Le groupe rencontrait plusieurs problèmes liés à son lieu de vie, dont des décomptes de charges complexes et incompris. Le travailleur social a sollicité le CASE pour venir en appui au groupe sur cette question des décomptes de charges.  

Ils étaient compliqués à déchiffrer et les habitants rencontraient des difficultés pour avoir réponse à toutes leurs questions auprès de la SISP. Nous avons cheminé avec le groupe d’habitants et le travailleur social pendant 2 ans pour récolter des informations, analyser, interpeler, … par rapport à ces décomptes.  

Nous avons passé beaucoup de temps avec les locataires pour comprendre les documents, avons effectué des visites à domicile dans les différents immeubles, posé des questions à la SISP par écrit et lors de réunions, effectué des recherches juridiques et rencontré le service comptabilité afin d’éclaircir les décomptes pas à pas.  

La situation à l’heure actuelle 

Ensemble, nous avons obtenu des petites avancées. Même si la SISP n’a pas réalisé toutes les propositions, elle a en effet accepté de modifier certaines façons de calculer et/ou de présenter les décomptes, afin qu’ils se rapprochent davantage de la réalité et qu’ils soient plus faciles à lire.  

Certains éléments restent encore flous et les habitants voudraient évidemment éclaircir ces points, recevoir des réponses précises sur certains postes des décomptes. Malgré de petites avancées, il y a toujours de la colère, de la frustration et des questions qui restent sans réponse chez les habitants. Le groupe continue de se réunir. Il travaille aussi sur d’autres problématiques.  

La SISP, elle, nous a demandé une formation sur les décomptes de charges pour son équipe sociale collective et des membres du Cocolo (Conseil consultatif des locataires). Son objectif est d’organiser prochainement des séances collectives d’information sur les décomptes à destination des locataires.  

Les leçons tirées de cette expérience 

Nous retirons notamment de cette expérience qu’il a été constructif et enrichissant de se regrouper pour élucider l’ensemble des questions posées par les locataires au sujet des décomptes de charges. En effet, nous avons l’habitude de répondre à des demandes individuelles sur cette thématique. Le fait d’être en collectif a permis notamment de lever certains freins, comme la peur des habitants. Cependant, nous remarquons que la crainte des représailles de la part de leur bailleur reste encore aujourd’hui très présente et cela est questionnant.  

Être en collectif a également permis de rassembler plus d’informations, d’échanger les informations entre locataires, d’avoir plus de crédit et de poids pour interpeler la SISP, d’échanger écoute, force et soutien entre toutes les personnes du groupe, de diminuer le sentiment d’isolement et d’impuissance par rapport à la problématique.  

Aussi, des liens et des solidarités se sont créés ou approfondis entre les locataires, et ces dynamiques vont même au-delà de la question des charges. Il semble que le processus ait créé également d’autres choses, qui dépassent la question de l’énergie.  

Le bilan des locataires 

Voici quelques retours des habitants qui ont participé au débriefing.  

Ce qui a bien fonctionné :

Le processus a permis de se sentir écoutés, d’avancer ensemble à petit pas, de se voir, de se réunir, de prendre conscience de la situation plus globale des logements en découvrant les réalités d’autres locataires, de se rendre compte que d’autres locataires rencontrent les mêmes problèmes aussi dans d’autres communes, d’avoir des informations par rapport aux droits, de partager de délicieux repas qui ont amené à rencontrer de nouvelles personnes. 

Ce qui a moins bien fonctionné et ce qu’ils et elles aimeraient pour la suite

Ils aimeraient que plus de locataires rejoignent le groupe. Ils disent que la langue, l’âge ou l’état de santé sont parfois des freins pour participer.  

Ils voudraient faire plus d’actions et plus de communications pour attirer de nouvelles personnes, se saisir d’opportunités comme la réception du décompte annuel des charges car par exemple, ils observent que les nouveaux locataires n’osent pas se plaindre même s’ils rencontrent un problème.  

« C’est aussi stressant de parler des problèmes qu’on rencontre, mais je ne vais pas abandonner pour autant. » 

Quelques éléments qu’ils et elles reprennent avec eux et elles :

  • Le travail de coopération était efficace, ça a permis de « franchir un cap », ça donne l’envie de « continuer le combat ».   
  • L’entraide entre eux et elles. 
  • Ils ont un « bagage » pour aider les autres locataires.  
  • Ça leur apporte le fait de pouvoir parler à quelqu’un, de se sentir moins seul·es.  
  • Ils et elles ont appris en se parlant, c’était formateur.  
  • Il y a eu la possibilité d’obtenir les factures qui justifient les décomptes de charges, ils pourront le faire les autres années. 

Pour des décomptes de charges clairs 

Ce n’est pas normal qu’il soit si compliqué d’obtenir des informations claires pour comprendre son décompte de charges. Nous observons trop souvent ce genre de situations. Il faudrait que l’établissement des décomptes puisse être plus clair et transparent, tant dans le secteur privé que dans celui du logement social. Nous continuons d’y travailler plus largement dans l’objectif que les choses changent durablement à un plus haut niveau et nous continuons à accompagner les habitants pour faire valoir leurs droits et modifier le rapport de forces.  

Le travail collectif 

Le CASE accompagne régulièrement des groupes, lorsque plusieurs personnes rencontrent les mêmes problématiques et/ou qu’elles veulent se mettre ensemble pour aborder des questions d’énergie.

Les bénéfices dépassent souvent le périmètre des objectifs fixés au départ. 

Vous trouverez plus d’informations sur d’autres projets collectifs que nous avons accompagnés dans notre Focus 3 « Le groupe, catalyseur d’énergie ». Nous sommes retournés à la rencontre des participantes, participants et partenaires pour leur donner la parole. Vous trouverez ce partage d’expériences et d’analyse sur notre site.